Le Soi originel, omnipotent, tout auréolé de Totalité, s’il veut préserver le narcissisme qu’il vient de découvrir au contact de ses objets d’amour en devenir et du principe de réalité qui s’annonce subséquemment à cette rencontre, va devoir produire une excroissance le représentant.
Et ce représentant, le Moi en personne, sera chargé de développer les fonctions instrumentales afin de garantir justement le principe de réalité mais aussi de satisfaire les instances parentales et maintenir l’estime de soi.
Mais les revendications du Soi, même dépérissant, demeurent et ne peuvent se satisfaire de la maîtrise intellectuelle, certes source de la satisfaction parentale, elles aspirent bien plutôt au sentiment d’être vrai, authentique, complet, Désirant, bref d’être.
Ainsi le Moi, tout en étant fidèle aux exigences de la rationalité et de la logique, va, par le détour de la fonction symbolique et de la Loi, progressivement revenir sur les vieilles terres du Soi.
Mais ce Soi renouvelé, compatible à la Réalité, marqué du sceau de l’authenticité, en conformité absolue avec le self, sera de l’ordre de la génitalité réalisée et donc de l’unité.
Ainsi au tout début le Soi émet, se rabougrissant et dépérissant, un pseudopode qui aura pour nom « Moi » et un peu plus tard le même Moi, revivifiant le Soi archaïque, permettra l’avènement d’un Soi représentant de l’être dans toute sa plénitude, dans toute sa complétude.
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