Il existe un foisonnement d’éléments idéiques, non structurés, régis par le principe de plaisir, expression du ça, manifestation de la libido, exaspération du besoin de se lier à l’autre (à l’autre en tant que mère archaïque dans le fantasme).
Ce foisonnement est bien sûr de l’ordre de l’imaginaire, il est le combustible même de la Pensée.
La force du foisonnement imaginaire rend compte de la puissance de la pensée.
Mais pour qu’il y ait pensée vraie (Pensée) il faut impérativement la présence en arrière-fond de la dimension symbolique.
La dimension symbolique représente la capacité justement à rompre avec toute représentation mentale.
Et c’est cette capacité à rompre qui est désignée comme déterminante des processus secondaires.
Donc pour résumer, les fonctions de Pensée sont la synthèse, le compromis, l’alliance entre deux processus dont l’un est foisonnement, production luxuriante d’éléments idéiques et l’autre capacité à se détacher de tout contenu idéique !
L’un est d’essence Imaginaire, l’autre est marqué du sceau du Symbolique.
Mais en fait les deux processus se déterminent mutuellement, l’un garantit l’existence de l’autre et vice versa.
Une autre particularité d’importance est juxtaposée à ce qui vient d’être dit.
Les processus primaires sont labiles, superficielles, « volatiles » ; ils n’ont aucune profondeur, aucun champ, leur procès est de remplir.
Ils représentent un processus psychique de matérialisation.
Ils n’ont pas de structure.
Inversement les processus secondaires représentent un processus psychique non de remplissage mais de distanciation.
Ils représentent un processus psychique de « dématérialisation » de « dédensification ».
Et en même temps dans ce processus de vide ou d’acceptation du vide ou de l’absence, on constate l’apparition d’un ordre, d’une articulation, d’une structuration.
Les éléments idéiques ne sont plus épars, désorganisés, sans liens les uns aux autres, mais bien au contraire articulés et structurés.
Ils sont hiérarchisés.
Donc le paradoxe essentiel et absolu est que l’acceptation psychique du vide est cela même qui permet l’ordonnance, la hiérarchisation et, au bout du compte, l’unification de la psyché.
A ce point-là, bien sûr, on accède à la notion de Principe de réalité.
On Sait ce qui est de l’ordre de la Réalité.
Là, est possible la sublime transmutation, l’extraordinaire alchimie transformant « vie…de » en « de…Vie ».
Le paradoxe est que l’attachement effectue du « non-lien psychique » et que le détachement fait du « lien psychique ».
Et cela, finalement, tout simplement, parce que la manifestation n’est visible que dans l’unité.
La Manifestation vue par l’attachement (et donc dans la Totalité) n’est que fragmentation.
Tout est lié dans la Manifestation mais cela ne peut être vu que dans l’unité.
Ce qui confirme l’idée d’une corrélation entre le mouvement de la pensée vers l’Objet et l’Objet lui-même !
—
Écrits en rapport :
– A propos de la question de l’Imaginaire et du Symbolique.
– Primarité et secondarité des processus psychiques.
– De ce qui spécifierait les fonctions de conscience.
– De la liaison des représentations.
– Juste d’une représentation à l’autre !
– De la spaltung au « collage » au monde et de la fragmentation.
– La question freudienne de la libido.
– De R1 à R2.